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Le maire de Conflans autorisera-t-il la contruction d'une mosquée intégriste ? |
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(cet article a été publié pour la première fois le 5 juillet dans Riposte Laïque no.152) Il y a exactement un an, nous nous réjouissons du succès d’une de nos conférences, à Conflans-Sainte-Honorine, autour de notre premier livre, Les dessous du voile. Philippe Esnol, maire PS de la ville, était présent aux côtés de Pierre Cassen et de Rosa Valentini, qui fit une conférence très appréciée sur les dérives communautaristes islamistes en Grande-Bretagne. M. Esnol se montra très attaché aux principes républicains, et farouchement opposé à toute dérive communautariste. Quelle ne fut pas donc notre surprise d’apprendre récemment que M. Esnol a l’intention d’accorder l’autorisation de construire une mosquée à une association musulmane intitulée « La plume – Conflans » (1). Non pas que construire un lieu de culte serait en soi un pas vers le communautarisme, mais parce que cette mosquée, d’après le projet initial consultable en ligne, devait comporter aussi une mini école coranique, une salle de gym, une bibliothèque, un cybercafé. Quel islam va-t-on exactement enseigner dans cette école coranique ? Une Association pour le défense de la Laicité à Conflans (ADL) (2) s’est créée pour dénoncer ce projet, dont le gigantisme – 5000 m² de terrain, et un bâtiment de 3 millions d’euros – a de quoi laisser perplexe, sachant que les musulmans français, aux dons desquels on fait appel pour le construire, sont censés appartenir aux couches défavorisées de notre société. Un simple coup d’œil au site internet de l’association « La plume – Conflans », entièrement réalisé en Flash, avec une visite virtuelle de la future mosquée, montre que les initiateurs ne sont certainement pas des pauvres hères qui voudraient simplement ne plus prier dans les caves : il a dû coûter une petite fortune. ADL a lancé une pétition que l’on retrouve sur son site, et souhaite deux choses : qu’une concertation avec les conflanais soit organisée, et que la mairie fasse un audit de la doctrine qui sera prêchée dans cette mosquée, et de son financement. M. Esnol, selon un article du Courrier des Yvelines du 30 juin, a répondu qu’il n’y aura pas de concertation, ce qui est un comble pour un maire dont le parti politique faisait de la « démocratie participative » la pièce maîtresse de son dernier programme de campagne. A fortiori, il n’est pas question d’enquêter sur la doctrine enseignée dans cette future mosquée, ni sur les origines des millions d’euros qui seront nécessaires pour la bâtir. M. Esnol invoque la liberté de culte, et le droit inaliénable de tout croyant d’avoir un édifice pour le pratiquer. Ce principe, qui est corollaire de la liberté de conscience et de la liberté d’expression, ne saurait être remis en doute, mais il n’est pas illimité. La laïcité n’est pas synonyme d’éradication des religions, elle signifie que l’Etat s’arroge le droit exclusif de faire la loi civile, tandis que les religions peuvent tout faire, sauf la loi. C’est ce que l’Etat doit vérifier : est-ce que la religion ne dépasse pas ses bornes spirituelles ? Opportunément, cela vient d’être rappelé par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Dans sa résolution 1743 intitulée « Islam, islamisme, islamophobie », adoptée le 23 juin (3), « l’assemblée constate, avec préoccupation que certaines organisations islamiques, qui exercent leurs activités dans les États membres, ont été lancées par des gouvernements étrangers qui leur dispensent une aide financière et des directives politiques. Les objectifs de ces organisations ne sont par conséquent pas religieux. Il importe de mettre en lumière cette expansion politique nationale vers d'autres États sous couvert de l'islam. De manière compatible avec l’article 11 de la Convention européenne des droits de l'homme, les Etats membres peuvent limiter les activités de ces organisations, sous réserve que ces limitations remplissent les conditions imposées par le paragraphe 2 de l’article 11. Il convient, par conséquent, que les États membres imposent aux associations islamiques et aux autres associations religieuses de faire preuve de transparence et de rendre des comptes, par exemple en exigeant la transparence de leurs objectifs statutaires, de leurs dirigeants, de leurs membres et de leurs ressources financières. » (article 7) L’audit que demande l’ADL n’est nullement aberrant, il s’agit très précisément d’une recommandation du Conseil de l’Europe ! Cet audit est d’autant plus indispensable que la lecture attentive du site internet de « La plume – Conflans » soulève quelques inquiétudes. Voici quelques morceaux choisis : « Le Coran est une Constitution Suprême qui organise la vie – tant spirituelle que temporelle – des Musulmans vivant dans la Cité-Etat. De là le lecteur sera amené à constater que le Texte sacré contient non seulement un enseignement spirituel très riche et fécond mais aussi une Morale très élevée soutenue par un Corpus juris aux règles juridiques précises et détaillées. » (Espace spirituel ; Le Saint Coran, histoire et caractéristiques ; Les caractéristiques du Coran, 11) « Dieu (Taallah) désigne des hommes et leur révèle Sa législation par l'intermédiaire de l'ange Gabriel afin qu'ils la transmettent aux hommes, ce sont les Envoyés. Le Coran est la constitution de l'Islam, celui qui ajoute foi à sa révélation divine et qui y croit globalement, est appelé croyant. Seul Dieu (Taallah) connaît la sincérité de cette foi, les hommes ne pénètrent pas les cœurs et ne savent pas ce qu'ils recèlent. De ce fait, afin que ce croyant devienne membre de la communauté, il doit déclarer cette foi (…) (Ainsi) il devient musulman, "citoyen" authentique de l'Etat musulman, ayant tous les droits. Il doit accepter d'accomplir les devoirs que lui demande l'Islam. » ? (Espace spirituel ; Présentation et importance de l’islam) Parmi les « actes que les sages s’accordent à qualifier de nuisibles (ou mauvais) », on trouve « le refus du service militaire destiné à élever la parole de Dieu (Taallah) », c’est-à-dire le refus du Djihad (idem). « Si (le musulman) renie certains principes des croyances essentielles, qu'il en doute, rejette un devoir ou un interdit unanimement reconnu ou renie un seul mot du Coran, il sort de la religion, il est considéré comme un renégat auquel on enlève la nationalité islamique. L'apostasie est le plus grand crime en Islam, elle est comparable à la grande trahison dans le droit contemporain. » (idem) Un long chapitre est consacré à la présentation de la Sunna, appelée par les musulmans plumitifs « législation musulmane ». Voici quelques précisions intéressantes : « C. Elle (la Sunna) précise les globalités du Coran : tel que le hadith déterminant la partie de la main du voleur, qui précise la globalité du verset « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main. » (Sourate Al Madaih, verset 38) E. La Sounna peut légiférer sur un point que le Coran n’a pas mentionné tel que la lapidation de l’adultérin marié. » (Espace spirituel ; La sounna, fondements et importances ; 6. Positionnement de la Sounna ; 3. Place de la Sounna selon les réglementations qu’elle légifère ; 2. La Sounna peut expliquer le Coran) Dans cette présentation de la « législation musulmane », il est affirmé avec vigueur que « Allah rend obligatoire l’obéissance au prophète. Il la décréta équivalente à la sienne. Il ne laissa aucun choix aux croyants et aux croyantes concernant ses jugements. » La non obéissance à cette Sunna est sanctionnée des « feux de l’enfer », selon ces musulmans conflanais, qui mettent en garde leurs lecteurs : « En tant que mode de vie, l’Islam est parfait et complet. Il aborde tous les aspects de la vie. Mais malheureusement, de nos jours, certains musulmans se disant « modernes » ou « libéraux » choisissent de renier la Sounna, en adaptant l’Islam et en l’interprétant à leur façon. » (Espace spirituel ; La sounna, fondements et importances ; 8. Importance de suivre la Sounna) « En tant que musulmans, nous savons que lorsque Dieu ou son messager décrète quelque chose c’est pour notre bien même si nous n’arrivons pas à le réaliser, surtout dans le contexte actuel, où il y a de nombreuses différences entre nos principes et ceux du monde dans lequel nous vivons, particulièrement en Occident. » (Espace spirtuel ; La sounna, fondements et importances ; 8. Importance de suivre la Sounna ; 1. Devons nous obligatoirement suivre la Sounna ?) A la lecture de la doctrine qu’affichent les musulmans de « La plume », il semble qu’il s’agirait d’islamistes d’après la définition même du Conseil de l’Europe, « l’islamisme est une façon de concevoir l’islam non seulement comme une religion mais aussi comme un code de conduite social, juridique et politique. L’islamisme peut être violent ou pacifique et modéré, mais en aucun cas il ne reconnaît la séparation de la religion et de l’Etat, grand principe des sociétés démocratiques et pluralistes. » (Résolution 1743, article 2) L’islam « plumitif » se donne ouvertement comme « un code de conduite social, juridique et politique », auquel il faut obéir aveuglement, sous peine de commettre une « grande trahison », de perdre « la nationalité islamique » et de « brûler en enfer ». Ce thème fanatique semble tenir à cœur aux membres de l’association « La plume – Conflans », d’après le contenu de la sourate du Coran à laquelle le nom de leur groupement renvoie. Cela sonne poétique, « la plume » ? C’est léger, c’est éthéré, c’est innocent, n’est-ce pas ? Cela sonne mieux que « Dies irae » (jour de colère), comme ce groupuscule catholique intégriste infiltré par France télévision. On pense à des hirondelles, à des colombes de la paix. Pourtant, la sourate no. 68, la Plume (ou Le Calame, ou encore « Nûn ») est loin d’être un poème de Verlaine, c’est une imprécation digne du pire des inquisiteurs. C’est une des plus virulentes contre ceux qui n’obéissent pas aveuglément à Mahomet. Cette menace des « peines de l’enfer » constitue un authentique harcèlement moral, et pourrait être vue comme une véritable incitation à enfreindre les lois de la République, si celles-ci sont incompatibles avec la « législation musulmane ». Comme telle, elle tombe sous le coup de la loi de 1905, article 35 « Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s'exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l'exécution des lois ou aux actes légaux de l'autorité publique, ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d'une sédition, révolte ou guerre civile. » Sans vouloir donner des leçons de laïcité à un maire de la République, il serait bon de se rappeler que la loi de 1905 ne traite pas seulement du financement des lieux de culte, mais également de ce que l’on y enseigne. Au contraire de ce que M. Esnol affirme dans sa lettre aux Conflanais de juin 2010, l’Etat n’est pas neutre à l’égard de religions, il veille à ce qu’elle ne dépassent pas les bornes de la loi et ne se transforment en idéologies politiques séditieuses, comme l’islamisme, dont l’existence est indéniable. Si M. Esnol souhaite réellement, comme il le claironne sur tous les toits, que les femmes ne soient pas contraintes, ou du moins fortement incitées, à se voiler intégralement ou partiellement, il serait bon de vérifier si les « plumitifs » n’ont pas l’intention de rendre extrêmement pieux non seulement tous les musulmans de la ville, mais aussi ses vœux. Car le site de la Plume est jalonné de photos de fillettes extrêmement jeunes, certes souriantes, mais voilées avec rigueur. Radu Stoenescu (1) http://www.laplume-conflans.fr/ (2) http://adlconflans78.over-blog.com/ (3) http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta10/FRES1743.htm |
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Le discours haineux de SOS Racisme ressemble à celui de l'extrême droite raciste |
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cet article a été publié pour la première fois le 21 juin dans Riposte Laïque no. 150 « Logique de haine », « apéro de la haine », « discours haineux », tels furent les qualificatifs employés pour désigner l’initiative entreprise pour dénoncer l’occupation illégales des rues de la Goutte-d’Or par des contempteurs de la cochonnaille et des fruits de la vigne. SOS Racisme devrait se rebaptiser SOS Haine, cela correspondrait mieux à ce qu’est devenu le racisme dans la bouche de ses dirigeants. A défaut d’avoir des racistes sous la dent, on se déchaîne contre les gens « haineux », comme je l’avais déjà analysé il y a un an. (1) On pourrait rédiger des pages entières de rappels philosophiques afin de montrer que la haine, c’est une partie essentielle de la vie, et que combattre la haine, c’est tout bonnement combattre la vie. Empédocle, philosophe présocratique, en faisait déjà il y a deux millénaires un des principes fondamentaux du monde. « Le combat, disait Héraclite, est le père de toute chose. » Dans le christianisme, sans Satan, pas de tentation, ni de péché, ni de Salut, ni de pardon, ni d’histoire chrétienne. Plus proche de nous, la résistance à l’oppression, cette haine des tyrans, des théocrates et des voyous, est consacrée comme un droit fondamental de l’Homme par la déclaration de 1789. La négation, le négatif, sont structurellement indispensables à l’hégélianisme, cette somme philosophique, et à son rejeton, le marxisme. Même pour SOS Racisme, c’est la haine qui est le moteur fondamental, mais il s’agit d’une haine spéciale et tout à fait spécieuse : la haine de la haine, la phobophobie. Les anti-racistes ne sont que des personnes animées d’une haine diabolique de la détestation, et qui voudraient passer ainsi pour les personnes les plus aimantes au monde. Cependant, jamais leur haine de la haine ne devient de l’amour, elle reste une haine ordinaire, voire une sous-haine, une haine de seconde main, geignarde et émasculée, se plaignant d’une voix doucereuse du caractère conflictuel de la vie réelle. Une haine de belles âmes, de celles dont Pascal disait qu’à force de vouloir « faire l’ange », elles finissent par « faire la bête ». Si la phobophobie antiraciste n’est qu’une haine perverse, c’est parce qu’elle n’a pour objet qu’un autre sentiment. Elle ne surgit pas comme une haine normale, saine, celle qui réside dans le mouvement d’éloigner de soi un objet que l’on perçoit comme nuisible. (2) Elle est proprement angélique dans la mesure où elle ne considère pas la nocivité réelle des objets. Le phobophobe n’a pas de corps, il condamne les mouvements d’âme d’autrui, sans interroger le bien fondé de l’aversion qu’il constate. Le phobophobe n’aime rien de concret dans le monde, des choses discrètes comme la patrie particulière où il est né, la langue qu’il parle, la culture qui le laisse s’exprimer, ou sa communauté de destin historique, c’est-à-dire son peuple. Le phobophobe veut tout embrasser, mais étreint peu. Cependant, ainsi sublimée, sa haine trouve d’autant plus de haines à combattre, les haines de ceux qui aiment véritablement quelque chose, qui s’y attachent et qui ne veulent pas les voir périr. La phobophobie se déploie malignement sur le constat de cette injustice qu’est l’amour véritable. Car aimer en vérité, c’est s’attacher injustement, unilatéralement, à un être précis, à une terre délimitée, à une culture particulière, à une œuvre d’art unique. Celui qui aime tout et tout le monde, n’aime rien ni personne. Toutefois, lorsque l’on aime réellement, lorsque dans le grand bazar qu’est le monde on élit une personne, un pays, une langue, et on en fait TOUT pour soi-même, alors on craint pour ce qu’on aime, et on déteste tout ce qui pourrait lui nuire. C’est à ce tournant que vous attend le phobophobe, l’antiracisme à la bouche, pour vous sommer de ne rien détester en particulier, c’est-à-dire en fait de ne rien aimer en particulier. Le phobophobe a le cœur sec, et son indignation vertueuse n’est que le cri de désespoir de la vacuité de son âme. Et si vous résistez, si vous persistez dans cette injustice criante vis-à-vis de « l’universel » dont il a plein la bouche, si vous continuez à aimer et donc à défendre ce que vous aimez, si vous dites comme Camus « Je crois en la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice », alors sa haine de la haine devient passionnée et farouche. C’est ainsi que SOS Racisme vient de franchir un cap dans son délire persécuteur avec sa nouvelle campagne qui titre sans vergogne « Méfiez-vous des idées qui puent ». L’antiracisme commence à parler littéralement comme le racisme le plus ancien, celui qui affirmait que le « juif pue ». « Il y a une baisse des anti-corps contre le racisme dans la société française » a déclaré le phobophobe en chef, M. Sopo, ne remarquant même pas qu’il s’exprime avec le même vocabulaire biologisant que ceux qui voulaient éradiquer les virus juif, tziganes, etc. Voilà où on en arrive quand on a complètement oublié la réalité, quand on ne sait plus en débattre, et que l’on juge les idées et les discours en dehors de tout référent vérifiable. Des idées qui puent ? Platon, qui avait essayé de toutes ses forces de les approcher, est battu à plate couture par M. Sopo, qui s’est tellement élevé dans les airs qu’il a réussi à se moucher avec, et sait même nous décrire leurs parfums, et nous détailler les fragrances du ciel des idées. Cependant, moi qui n’ai pas l’odorat intellectuel aussi développé que les antiracistes, j’aimerais bien savoir : est-ce que les hommes dont les idées puent, puent eux aussi ? Ce qui me taraude, moi qui n’ai ni deuxième nez, ni troisième œil, c’est que si on accepte que la haine pue, alors la haine de la haine doit véritablement chlinguer. Or, si un phobophobe empeste plus qu’un phobe, le premier doit avoir beaucoup de difficultés pour distinguer les odeurs du second, enivré des effluves que doit dégager sa propre haine. Aussi je me méfierais de ceux qui me disent que les idées d’un autre puent. Si ça se trouve, ce sont les siennes qui sentent si fort qu’il les perçoit partout où il se déplace, mais ne se rend pas compte que depuis longtemps elles lui ont fait dessus. Radu Stoenescu (1) http://www.ripostelaique.com/Pour-sauver-leur-fonds-de-commerce.html (2) Voir la lumineuse analyse de Thomas Hobbes, Léviathan, chapitre VI. |
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(cet article a été publié pour la première fois dans Causeur le 14 février 2010) Inconnue des lobbys laïques imbus d’islamovigilance, et ignorée des associations qui luttent contre les sectes, la religion aztèque se propage d’une manière inquiétante dans les écoles de la République. Le mal venu d’Amérique centrale, refoulé jadis par Fernando Cortès et Francisco Pizzaro, a changé de visage et s’est propagé ensuite d’une manière pacifique en Europe, en attendant le jour propice pour montrer à nouveau en pleine lumière sa nature diabolique. En juillet 1998, les prêtres aztèques sentirent que ce jour n’était pas loin. La populace était prête pour la révélation du sens véritable et sanglant de ces jeux apparemment innocents que sont les jeux de balle : football, baseball, basketball, rugby ou tennis, développés et popularisés d’une manière inconsciente en Europe grâce à l’utilisation de la substance sacrée des Aztèques, le caoutchouc. Malgré toutes les protestations publiques, comme les appels désespérés du Front d’opposition à la nouvelle année (1), et les paroles de Houellebecq - « Quand j’erre sans notion au milieu des immeubles, je vois se profiler de nouveaux sacrifices » - 2012 approche ! La nécessité pressante de nourrir la divinité suprême pour qu’un nouveau cycle cosmique commence, a décidé les prêtres aztèques à agir. C’est pourquoi le 18 janvier dernier à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, leurs néophytes ont procédé à un sacrifice humain improvisé, à l’extérieur d’un collège de la République, sous les mots mêmes de Liberté, Egalité, Fraternité. Sur Europe 1, Elodie, la victime réchappée de justesse aux sacrificateurs radicaux, a décrit les modalités d’agissements de ces suppôts de Quetzalcóatl : « A l’intérieur du collège, ils choisissent quelqu’un dans la cour. Ils prennent la balle, ils se rapprochent un peu de toi, ils tirent. La boule est passée entre mes jambes et je voyais tout le monde rigoler et moi je ne comprenais pas pourquoi. Après, ils sont venus me voir, ils ont dit : « Tu es morte à la sortie. » (2) Ils ont été une quinzaine d’adolescents fanatisés à la rouer de coups, et seule l’intervention sacrilège d’une gardienne a empêché son âme d’être précipitée dans le monde infernal. Les observateurs ignares et les journalistes incultes classent cette agression dans la liste infinie des méfaits de la déshérence des banlieues. Ils ignorent superbement que le jeu de la balle était un antique rituel mésoaméricain, appelé tlachtli ou ollamaliztli en nahuatl, langue des Aztèques. Il opposait classiquement deux équipes, et ressemblait à un mélange de volley, de basket et de tennis. Le clou du spectacle, c’était le sacrifice de l’équipe perdante, ou du moins de son capitaine. Les fondamentalistes aztèques de Tremblay-en-France sont allés à l’essentiel, au mépris des règles sportives, car le temps pressait. La balle, cet objet apparemment innocent, est en fait un signe religieux ostentatoire ignoré du législateur : elle représente le dieu aztèque du soleil et de la guerre Huitzilopochtli. Faire passer la balle entre les jambes de la future victime signifie très exactement que le soleil s’abîme dans le « monde inférieur », et qu’il demande sa rançon sanguinaire. « La sortie », évoquée par les lyncheurs rigolards, a un sens ésotérique : il s’agit de la renaissance de l’astre courroucé. Aussi cette phrase apparemment anodine, « Tu es morte à la sortie. » constituait rien de moins qu’une consécration expéditive de l’offrande propitiatoire. De même, le lieu choisi pour l’immolation heureusement ratée constitue en soi un message terroriste très clair, adressé par les fondamentalistes aztèques au monde libre : Tremblez en France ! Les pouvoirs publics doivent agir et prendre urgemment toutes les mesures possibles contre cette atteinte à la laïcité que constitue l’intrusion manifeste du prosélytisme aztèque dans les établissements publics. La situation est grave, la haine de tous envers tous a atteint de telles proportions dans les écoles de la République, que les élèves sont devenus des proies faciles pour la première idéologie sacrificielle venue. Choisir à l’aztèque une camarade à lyncher n’est que la solution spontanée à la situation invivable dans laquelle ils se trouvent : au moins, quand ils la tabassent ensemble, ils rigolent tous et se sentent tous amis. Une étude approfondie de Sa majesté des mouches de William Golding éclairée par les analyses de René Girard serait un début de prise de conscience du problème. S’assurer d’abord que les collégiens et les enseignants savent toujours lire, car les Aztèques n’utilisent pas l’écriture alphabétique, mais seulement de petites icônes, appelées par les spécialistes « logogrammes » ou « glyphes ».    Radu Stoenescu (1) http://www.fonacon.net/ (2) http://www.lepost.fr/article/2010/02/11/1936551_une-ado-victime-du-jeu-de-la-boule-la-securite-ne-peut-peut-pas-etre-continue.html |
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Caroline Fourest, la féministe machiste qui reproche à Naulleau de "ne rien avoir entre les jambes" |
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(cet article a été publié dans Riposte Laïque no. 142 , le lundi 26 avril 2010) Après l’avoir insulté à travers ses articles, dont nous avons parlé ici à Riposte Laïque (1), Caroline Fourest a eu enfin l’occasion d’insulter Eric Zemmour en face, samedi 24 avril 2010, dans l’émission On n’est pas couché. Elle avait eu le temps de macérer et de stocker suffisamment de fiel depuis le débat avec Tariq Ramadan en septembre dernier, pour en distribuer aussi une double portion à Eric Naulleau. Il est difficile de rendre compte de ce débat, parce qu’en fait, celui-ci n’a pas eu lieu. C’est la seule conclusion que l’on peut tirer de cet échange : comme on l’a déjà vu face à Tariq Ramadan, Caroline Fourest ne sait pas débattre. Elle manque cruellement de connaissances approfondies des questions religieuses et politiques dont elle s’autorise à parler et à écrire, ce qui n’est pas une nouveauté. Ce qui est apparu au grand jour, c’est aussi qu’elle n’a aucune éthique de la conversation, mais en cela, elle est seulement fidèle à la nouvelle gauche, celle qui refuse certains débats, car cela souillerait sa pureté morale. Sa pensée se résume à la haine de tout ce qui condamne le lesbianisme dont elle s’enorgueillit. C’est une idéologue qui passe son temps à décliner la logique de cette seule idée : l’homosexualité féminine est la rébellion en acte et la garantie d’appartenir au camp du Bien. Tous ceux qui critiquent cela, que ce soit les religions ou les individus, sont irrémédiablement convaincus de crypto-fascisme et d’intolérance. C’est son seul et unique massage, qu’elle a asséné d’une manière extrêmement machiste, en disant à Eric Naulleau qu’il n’avait « rien entre les jambes » ! Il est, à partir de là, extrêmement difficile de résister à la tentation d’interpréter la posture de Mme Fourest en clé psychanalytique, et de ne pas voir derrière sa violence verbale et son soi-disant combat féministe la manifestation patente de son désespoir personnel de ne pas être née avec « quelque chose entre les jambes ». Mme Fourest n’est ni féministe ni humaniste, elle est, comme l’a bien résumé Eric Naulleau, une stalinienne avec un « double discours », mais dont l’hypocrisie saute aux yeux pourvu que l’on suive le conseil hyper-misogyne d’un homosexuel de l’autre bord, Oscar Wilde : « N’écoutez jamais une femme, regardez-là. » Etre féministe c’est, à mon sens, défendre les femmes en tant que femmes, c’est-à-dire prendre en compte leur différence, leur féminité, et faire en sorte que cette féminité ne soit pas un handicap social. C’est, corollairement, lutter pour limiter les dégâts de la guerre des sexes et des inévitables problèmes posés par les relations entre les hommes et les femmes, tout en conservant l’espoir d’une entente possible, synonyme de bonheur pour les deux sexes. C’est pourquoi une militante lesbienne viriliste est tout le contraire d’une féministe : c’est quelqu’un qui a déserté la « tendre guerre » pour la préférence sexuelle du même, et qui veut rendre son propre sexe féminin un sexe masculin bis. Caroline Fourest est apparemment le démenti vivant de la théorie que Zemmour expose dans Le premier sexe : il n’y a pas de féminisation de la société, mais une masculinisation des femmes, qui se donne dans la personne de Mme Fourest pour un respect de la différence, alors qu’elle n’est qu’anéantissement des différences. Dans le texte, Caroline Fourest rêve d’un monde « où l’on admettra que le genre peut être indéterminé ou choisi, et non dicté par le sexe biologique. » « Il faut espérer, écrit-elle encore, que la différence des sexes, si communément admise, sera un jour relativisée. » (2) Mme Fourest est en fait une machiste sans moyens, qui veut se positionner au dessus de la guerre réelle entre l’islam et l’occident pour écraser ces deux « fausses virilités », comme elle les appelle (3), avec ce qui devrait logiquement être alors la véritable virilité, celle de son (faux) « féminisme, de la République, de l’humanisme et de la laïcité ». C’est là où son propos est intéressant, parce qu’il synthétise effectivement l’utopie post-historique d’une certaine gauche, un idéal qui ne « divise personne, mais rassemble. » C’est l’idéal proprement stalinien d’écrasement internationaliste et abstrait des conflits culturellement ancrés, et historiquement enracinés. Dans la bouche de Mme Fourest, la République n’a plus aucune histoire ni aucun passé de luttes viriles, l’humanisme n’a plus rien à voir avec le retour au modèle bien précis de l’Antiquité gréco-romaine, ou bien avec l’élévation de la dignité de l’homme à celle de Dieu à travers l’Incarnation. Ces termes sont à peu près équivalents dans sa structure de pensée à ceux de « paix mondiale », d’ « Homme nouveau » ou de « communisme » dans la bouche des apparatchiks de feue l’URSS. Déconnectés de toute référence précise, « la République », « l’humanisme » et « la laïcité » sont des mots creux, utilisés uniquement pour appâter les gogos dont les connaissances historiques ne dépassent pas celles de Mme Fourest. C’est un discours simpliste qui n’en est que d’autant plus séduisant que l’on n’est pas prêt à faire l’effort nécessaire pour acquérir le minimum de bagage culturel nécessaire pour s’orienter dans la complexité des histoires nationales, culturelles et religieuses. Il se pose comme l’expression de la « véritable virilité », alors qu’il n’est que la castration culturelle, historique et sociale érigée en norme dictatoriale. C’est un républicanisme qui déteste l’assimilation des immigrés, une laïcité qui ne veut pas être islamophobe, une opposition à la burqa qui ne veut pas d’une loi d’interdiction, une condamnation du voile islamique, qui ne veut pas stigmatiser les musulmans, bref, pour rester dans le registre de Mme Fourest, c’est une politique sans rien « entre les jambes ». (Je remarque d’ailleurs que Mme Fourest commence à parler « d’islamophobie », terme qu’elle avait jadis dénoncé comme fallacieux (4), ce qui montre qu’elle est bien rentrée dans les rangs.) Je disais que Mme Fourest semblait le démenti vivant de la thèse de la féminisation de la société d’Eric Zemmour : il faut être plus précis, elle incarne la masculinisation indéfiniment ratée de la femme, car, au moment crucial, ce sont bien les « valeurs féminines » de tolérance, discussion, accommodement qui reprennent le dessus. Aussi confirme-t-elle en acte les hypothèses de Zemmour : c’est une porteuse de valeurs féminines qu’elle souhaite imposer d’une manière machiste, c’est une iréniste dictatoriale. Je regrette qu’Eric Zemmour n’ait pas eu le temps de démonter l’imposture intellectuelle de Mme Fourest concernant le concept « d’intégrisme ». Pour palier à ce manque, je renvoie les lecteurs à un article que j’ai écrit déjà il y a presque deux ans : Caroline Fourest, un préjugé de choc en faveur de l’islam. (5) Puisque Mme Fourest est incapable d’écouter ses interlocuteurs, obsédée, au sens propre, par sa pratique sexuelle qu’elle porte, comme disait Brassens, « comme un saint sacrement » (Trompettes de la renomée), il me semble qu’il faut absolument se désintéresser de ses déclarations, et de ses écrits idéologiques. Mme Fourest, comme tout macho, pense avec son sexe, et ce n’est pas parce qu’il est féminin que c’est moins creux. Cela me rappelle la blague du sadique et du masochiste : « le masochiste dit au sadique « Fais-moi mal ! ». Et le sadique répond : « Non. » Radu Stoenescu (1) http://www.ripostelaique.com/Caroline-Fourest-n-apprecie-pas-la.html (2)http://www.causeur.fr/defense-des-hommes-infideles,3419 (3) http://www.dailymotion.com/video/xd2igd_caroline-fourest-vs-zemmour-naullea_news (minute 14:45 et suivante) (4) http://www.youtube.com/watch?v=Jf4aI9-mgeA (5) http://www.ripostelaique.com/Caroline-Fourest-un-prejuge-de.html |
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Lutte contre l'homophobie ou contre l'hétérosexualité ? (cet article a été publié pour la première fois le 8 février 2010 dans Causeur ) Ce n’est qu’un « simple conte » ! C’est « scandaleux » de ne pas montrer aux enfants de CM1 et CM2 le court métrage Le baiser de la lune, mettant en scène l’amour entre le poisson-chat Félix et le poisson-lune Léon, vaccin préventif contre l’épidémie d’homophobie qui menace de décimer la jeune génération. Ainsi s’indigne vertueusement Jean-Luc Roméro, conseiller régional d’Ile-de-France et militant gay séropositif, dans les colonnes de l’Express du 5 février 2010. (1) Luc Chatel, ministre de l’Education, a été outé : c’est un suppôt de Dieu, possédé par l’esprit de Christine Boutin, conservatrice forcément ultra, et il a été livré à la vindicte de tous les exorcistes de « clichés » et autres pourfendeurs de « stéréotypes ». Il s’oppose à la glorieuse marche du progrès vers l’égalité totale et définitive en interdisant ce dessin animé que le Haut commissariat à la jeunesse a pourtant financé à hauteur de 3000 euros, d’après les aveux de Martin Hirsch sur RMC le 5 février. L’inquiétude des néo-bigots progressistes est d’autant plus vive que simultanément une enquête d’Ipsos Santé diligentée par la Fondation Wyeth montre que la grande majorité des adolescents « ont beau être éduqués ensemble, ils se réfèrent toujours aux mêmes clichés pour définir leurs différences. La femme ? Elle se caractérise avant tout par ses atouts physiques - féminité et séduction - puis par la maternité et la sensibilité. (…) Quant à l'homme, il se distingue avant tout par sa virilité, son machisme et son travail, affirment les 15-18 ans sans que leurs aînés leur aient soufflé les réponses. » (2) Horreur, « on essaie d'abolir les différences mais les adolescents s'y raccrochent », explique le pédopsychiatre Philippe Jeammet. Les rééducateurs s’affolent, il faut donc attaquer plus tôt, dès le primaire : « Malgré tous nos efforts, nous avons du mal à équilibrer les statistiques. » se lamente la rectrice de l’académie de Besançon, Marie-Jeanne Philippe. Un simple conte, dites-vous ? Mais un conte n’est ni simple, ni innocent, c’est au contraire une chose complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d’arguties théologiques, comme l’a montré Bruno Bettelheim dans son admirable Psychanalyse des contes de fées. (Je présente par avance mes excuse aux esprits libérés de notre époque glorieuse qui feront la moue devant cette référence désuète, à jamais disqualifiée à leurs yeux parce que Bettelheim croyait toujours en la vertu de la culpabilité, et en l’importance du sens de la vie. Ce n’était sûrement qu’un effet corollaire de ses vacances à Dachau, et de son syndrome du survivant. Il n’était pas comme nous, un inventeur du bonheur.) Cependant, ceux qui disent qu’il ne s’agit que d’un « simple conte », et qui s’indignent qu’on s’en prenne à quelque chose d’aussi « innocent », sont des fieffés hypocrites, car même s’ils n’ont pas lu Bettelheim, ils lisent sûrement avec avidité les derniers théoriciens du management. Or la dernière mode qui balaie les cerveaux des décideurs, la dernière fausse trouvaille pour faire vendre tout et n’importe quoi, de la guerre d’agression préventive à un vulgaire papier toilette, en passant par les nouvelles valeurs de notre société pacifiée, c’est la théorie du storytelling. (3) Tous les cadres actifs en parlent comme d’une grande découverte, comme si « raconter des histoires » n’était pas depuis toujours l’art le plus consommé de mentir, uniquement parce que l’appellation anglaise refoule la charge morale dont n’a pas encore été expurgée l’expression française. Et qu’y a-t-il aujourd’hui de plus ringard que la morale ? Aussi rien n’est moins innocent que raconter une histoire et a fortiori un conte. Sinon pourquoi Voltaire, bretteur infatigable du Verbe, aurait-il fait du conte philosophique son arme de prédilection contre l’obscurantisme ? C’est sa douceur, qui rend le conte terriblement efficace: Que vaudrait la douceur Si elle n’était capable Tendre et ineffable, De nous faire peur ? Elle surpasse tellement Toute la violence Que, lorsqu’elle s’élance Nul ne se défend. (Rainer Maria Rilke, Vergers, Printemps, V) A lire le synopsis, à regarder et à écouter attentivement la bande annonce disponible en ligne (4), Le baiser de la lune fait atrocement peur par sa douceur, et on ne peut que se réjouir que quelques uns se soient défendus avant qu’elle ne s’élance à la conquête des esprits des enfants prépubères. C’est ce qui fait passer les opposants à ce film pour d’atroces dinosaures violents : ils ont montré leurs crocs au miel et au sirop ! Ce dessin animé voulait participer à la prévention de l’homophobie. On s’attendrait à ce que le héros soit le poisson-chat Félix, qui, après maintes épreuves, trouverait le bonheur dans les bras du poisson-lune Léon. Cependant, d’après le synopsis, le héros du film, c’est une héroïne : « Ce film raconte l’évolution du regard archaïque d’une grand-mère, sur les relations amoureuses. » affiche le site officiel du court métrage. C’est la vieille peau qui est rééduquée : « Prisonnière d’un château de conte de fée, une chatte, « la vieille Agathe », est persuadée que l’on ne peut s’aimer, que comme les princes et princesses. Mais cette vision étroite de l’amour est bouleversée par Félix, qui tombe amoureux de Léon, un poisson-lune, comme par la lune, amoureuse du soleil : deux amours impossibles, pour « la vieille Agathe ». Pourtant, en voyant ces couples s’aimer, librement et heureux, le regard de la chatte change et s’ouvre à celui des autres. C’est ainsi qu’elle quitte son château d’illusion et se donne enfin, la possibilité d’une rencontre… » A analyser de près le message de ce synopsis, on s’aperçoit qu’il contrevient au message éducatif fondamental du conte de fées, explicitée par Bettelheim, à savoir que « la lutte contre l’adversité est intrinsèque à l’existence, mais que si l’on ne se détourne pas de la difficulté, (…) on vainc les obstacles et à la fin on sort victorieux. » (5) Pour le poisson-chat Félix le bonheur homosexuel est posé d’emblée comme un acquis, tandis que sa grand-mère, « la vieille chatte, Agathe, » ne s’élance pas dans des aventures extraordinaires pour rencontrer enfin son prince charmant, mais abandonne son rêve et fait le deuil de son désir, qualifié de « château de l’illusion ». Ainsi cette histoire met en scène une concurrence entre un désir homosexuel immédiatement comblé et un désir hétérosexuel qui se languit indéfiniment, pour affirmer la stérilité de l’attente du « prince charmant » face à la gaîté vécue spontanément dans la rencontre du même. Ce qui disparaît dans les deux cas, c’est l’action, la lutte pour combler ses désirs et atteindre son rêve. A rebours de tous les contes de fées classiques, ce court-métrage enseigne qu’il n’y a rien à faire pour être heureux. La toile de fond de cette histoire, c’est la passivité et l’arbitraire : ou bien on a la chance de rencontrer son poisson-lune, ou bien on reste à jamais enfermé dans son « château de l’illusion ». On n’y peut rien. C’est un message désespérant pour tout jeune esprit, déjà suffisamment convaincu de son impuissance relative face au monde des adultes. Plus encore, dans ce film le désir homosexuel joue un rôle de médiateur par rapport au désir hétérosexuel, car c’est en voyant ces poissons s’aimer que la vieille chatte « se donne enfin la possibilité d’une rencontre… » (Je me demande comment finit vraiment le film, que je n’ai pas vu, et ce que cachent ces trois points de suspensions : est-ce qu’Agathe, la vieille chatte, en rencontre une autre et elles commencent à se lécher ?) Ce qui est affirmé ici, c’est que les hétéros doivent prendre exemple sur les homos s’ils veulent être heureux. C’est un jugement implicitement négatif de la séparation des sexes et de la démarche hétérosexuelle, d’autant que celui-ci est porté par « une vieille chatte » insatisfaite, ce qui est explicitement une vulgarité, soulignée par la rime avec « Agathe ». De plus, la sexualité des chats est une sexualité douloureuse, aussi le choix de cet animal pour incarner l’hétérosexualité trahit une condamnation, si ce n’est une peur tenace de l’union hétérosexuelle, vue implicitement comme une source de désagréments. Le choix des poissons pour représenter les homosexuels est aussi hautement significatif, puisqu’ils sont fondamentalement asexués, et que leur différenciation ne se fait qu’en fonction de la température de l’eau et de son acidité, bref de leur environnement. Quoi de plus adéquat à la vision des Gender studies, dont sont pétris tous les progressistes dénonçant le « phallogocentrisme et l'hétérosexualité obligatoire », que ces poissons dont le sexe change en fonction de leurs conditions de vie ? Par ailleurs, si « la vieille chatte, Agathe » est la malheureuse « grand-mère » du flamboyant poisson-chat Félix, cela veut dire que les chats ne font pas des chiens, mais des poissons. Le sens de l’évolution des espèces est inversé : les mammifères sont données pour les archaïques ancêtres de ovipares. Le réalisateur du Baiser de la lune nous signifie ainsi que la différenciation sexuelle, propre aux mammifères, n’est qu’un atavisme voué à disparaître chez les nouvelles générations frétillantes et muettes de poissons. Faire croire cela à des enfants en passe d’entrer dans la puberté, où la question cruciale de leur identité sexuelle les tourmentera cruellement, n’est certainement pas la meilleure aide que l’Education nationale puisse leur fournir. Enfin, ce film comporte une composante obscène majeure, enrobée dans un langage mielleux. Il ne s’agit pas, comme le prétend Sébastien Watel, son réalisateur, de « donner une vision moins stéréotypée des relations amoureuses », mais de parler de la relation proprement sexuelle entre deux individus, sous couvert de parler d’amour. Que signifie la phrase « Léon, le poisson-lune, m’a fait briller comme un soleil » associée à « Sûr que mademoiselle la lune, pour briller autant, elle doit en connaître des trucs, que les petits poissons chats comme moi ne savent pas. » ? Quels sont ces « trucs », ce « baiser » que la lune connaît pour « briller », et qu’un gosse de dix ans ne doit absolument pas connaître à son âge ? A quoi peuvent-ils renvoyer, sinon à des expériences sexuelles ? Par conséquent, la rencontre avec Léon, qui fait aussi « briller » le poisson-chat « comme un soleil », ne peut être logiquement qu’une rencontre sexuelle. Il ne s’agit pas d’une simple histoire d’amour, comme l’affirment les auteurs du film, car même à dix ans on sait ce qu’est l’amour. La composante sexuelle est centrale, directement indiquée par la métaphore filée de la lumière. Ce film est donc porteur d’un message pornographique, si ce n’est pédophilique : si les métaphores y gardent une valeur constante, on nous raconte qu’un poisson-lune dont on ne connaît pas l’âge a fait jouir un petit poisson-chat grâce à des trucs que ce petit poisson-chat ne savait pas. Après analyse, la phrase « Léon, lui, ne voulait plus qu’on se cache, il aimait trop la lumière » est une obscénité proférée d’une voix angélique, qui n’en est que d’autant plus odieuse. L’ambiguïté du mot « lumière », utilisé ici pour signifier aussi bien la jouissance sexuelle que le fait de la faire connaître aux autres, redouble l’obscénité du message pornographique initial d’un complément exhibitionniste, et fait dépendre, par la concaténation des deux sens du mot « lumière », la jouissance sexuelle de son exposition publique. Autrement dit, Sébastien Watel affirme qu’il n’y a qu’en montrant qu’ils jouissent que les gays jouissent complètement. C’est pour leur bonheur propre, que « la vieille chatte Agathe » doit renier ses aspirations hétérosexuelles archaïques. Le changement du regard de celle-ci est nécessaire à la pleine jouissance des poissons asexués. Aussi peut-on dire que la relation entre Félix et Léon est en fait un ménage à trois, qui comprend « la vieille chatte Agathe », en tant qu’autre exclu, dans et par son exclusion en tant qu’autre, puisqu’elle est sommée de se renier, « d’évoluer », comme on dit en novlangue festiviste, si elle veut « se donner la possibilité d’une rencontre ». En conclusion, ce que cette polémique révèle, tout comme le film dont la diffusion est l’enjeu apparent, c’est que lorsqu’on s’attaque à des fondamentaux symboliques et qu’on dépasse le simple cadre légal de la non pénalisation de telles ou telles pratiques sexuelles, il devient impossible de distinguer la lutte contre l’homophobie de la lutte contre l’hétérosexualité. Car il faut bien que le sujet humain décide d’une structuration psychologique à l’exclusion d’une autre, s’il souhaite prendre en charge son corps de mammifère humain, en attendant qu’il redevienne un poisson. Sortir de l’enfance, disent les contes véritables, c’est accepter la douleur du principe de réalité, contre le principe de plaisir. C’est ce dont nos enfants ont le plus besoin, si l’on souhaite qu’ils soient des adultes tolérants et responsables. Car seuls ceux qui sont pourvus d’une identité forte et définie peuvent reconnaître et accepter les différences, dans la mesure où le miroir que leur tend l’autre ne saurait faire trembler leurs assises psychologiques. Lutter contre l’intolérance en sapant la structure mentale des enfants est la meilleure manière d’en faire des adultes labiles, susceptibles des pires violences pour réaffirmer leur identité chancelante. Aussi la politique de lutte contre l’homophobie devrait emprunter des chemins complètement différents de celui du Baiser de la lune. Et c’est certain, ces chemins seraient très conservateurs. Radu Stoenescu (1) http://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-amour-interdit-de-deux-poissons_846711.html (2) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/02/03/01016-20100203ARTFIG00055-les-adolescents-fideles-aux-cliches-hommes-femmes-.php (3) Voir Christian Salmon, Storytelling, la machine à fabriquer des esprits, La découverte, Paris, 2007. (4) http://www.le-baiser-de-la-lune.fr/ (5) B. Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, Introduction. |
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