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Page 1 sur 2 A califourchon sur leurs étalons de hasard, les femmes-filles, Eve Nouvelles autant qu'harpies, procréent - pour leur consommation personnelle - leurs rejetons pokemon au nom du droit à disposer de son propre corps. Orgasmant solitaires devant leur miroir, désarçonnant le mâle, abolissant le couple, néantisant l'amour. (cet article a été publié pour la première fois sur le Ring le 8 jullet 2008) C’est une blague soviétique actualisée. Deux amis discutent : « Crois-tu, demande l’un, que ça y est, que nous avons brisé tous les tabous, que nous avons enfin atteint la libération totale ? » « Penses-tu, non, répond l’autre, ça peut encore empirer ! ». Voilà une « nouvelle insolite », qui aurait réjoui la plume du regretté Philippe Muray : « Dix-huit lycéennes américaines d'un même établissement de Gloucester (Massachusetts, nord-est des Etats-Unis) toutes mineures, sont sur le point d'accoucher au même moment, et plusieurs d'entre elles avaient décidé collectivement d'être enceintes. » Les experts se penchent perplexes sur ce pacte étrange, et le maire de Gloucester a bien sûr mis en place « un comité de réflexion » pour les « conseiller sur les réactions appropriées et sur les mesures à adopter au niveau du lycée et de sa crèche ». On se demande bien quelle peut être la teneur de ces conseils, sur « ces réactions appropriées » pour lesquelles on convoque des experts, on se doute déjà qu’il s’agit de ne pas « stigmatiser » ces adolescentes qui ont toutes moins de seize ans, de les aider à continuer leurs études, de mettre en place des cabines spéciales pour qu’elles puissent changer les couches de leurs marmots entre deux QCM, de chiffrer les coûts et de lever les yeux vers le ciel. J’espère que parmi ces futures mamans, il y aura quelques fanatiques de l’allaitement maternel, qui déboutonneront leur corsage juvénile en plein cours de mathématiques pour nourrir leur avorton, et causer ainsi un imbroglio judiciaire total : le prof qui apercevra le malheureux sein qu’il ne saurait voir sera-t-il passible de visionnage de réalité pédophile ? La jeune mère causera-t-elle une atteinte publique à la morale ? Pourra-t-on l’exclure du cours sans porter atteinte à son droit d’étudier ? Que de réjouissances pénales en perspective… Les sociologues sont perplexes devant cette « épidémie de grossesses » qui s’est abattue soudainement, sans crier gare, sur la pauvre bourgade de Gloucester, qui pourtant est à « plus de 90% blanche » comme neige, comme Blanche-Neige, c’est-à-dire a priori frigide et chaste, non corrompue par la lubricité « noire » des Sept Nains, et attendant pour l’éternité le Prince charmant au baiser stérilisé, pour la réveiller du sommeil mortel de l’ennui sécurisé. Etait-elle déjà trop « noire » cette Gloucester, est-ce là ce que voulait nous dire cette statistique ethnique ? Les moins de 10% de noirceur avérée la rendaient-ils plus vulnérable à cette épidémie ? Non, les fins limiers des causes sociologiques ne sont pas racistes, ils penchent plutôt pour des influences purement magiques : ce sont les films Juno ou encore Knocked Up qui sont à l’origine de ces cloques ! Avatars posthistoriques de l’archange Gabriel, porteurs d’une semence médiatique, d’une contagion mimétique, c’est par les yeux que ces films fécondèrent cette bande de vierges Maries. C’est au fond de leurs pupilles avides, labourées par les sitcoms, lavées par les soap-opéras, violées par les films d’horreur, que les fœtus nidifièrent, avant de descendre vers leurs bas-ventres, simples annexes de leurs yeux-utérus. Les « petites poupées » que l’iris de chacun reflète appelées à devenir poupées vivantes, par l’intermédiaire magique des yeux-corps de ces adolescentes. Quoi de plus logique que d’imposer un jour le tchador comme moyen de contraception à ces possibles victimes d’une fécondation in video ? Ce n’est que justice si le Dr. Brian Orr et son infirmière, Kim Daly, officiant à la clinique du lycée de Gloucester, ont été déboutés de leur demande de « prescrire des anticonceptionnels aux adolescentes sans l’autorisation des parents ». Ils ont un train de retard sur les nouvelles causes magiques des grossesses. Leur demande est grotesque et illogique : pourquoi exiger l’accès libre aux anticonceptionnels pour ces adolescentes, alors qu’elles voulaient tomber enceintes, et qu’elles passaient régulièrement au cabinet pour se faire tester, et manifestaient leur mécontentement si leur Annonciation était lente à venir ? Autant exiger l’autorisation de vendre des patchs de nicotine pour contrer la volonté de fumer, la suppression des happy-hour dans les bars pour diminuer les comas éthyliques, et la méditation sur la marche des escargots pour éradiquer l’attrait pour la vitesse qui tue sur les routes. Les pseudo réponses magiques à l’épidémie de poupons de Gloucester sont aussi symptomatiques du nouveau monde débarrassé des mâles que cette épidémie d’amazonisme elle-même. Le nouveau monde radieux des enfants-mères est, comme la rose d’Eckhart, un monde sans pourquoi. Personne ne se scandalise de la volonté de ces néo-amazones de tomber enceintes, de leur attitude parfaitement utilitariste envers le sexe opposé, traité
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